Découverte À crocs à toi : Cette nouvelle romcom d'Akata a du mordant

Les otakus et les vampires, deux modes de vie nocturne

Ce début d’année a vu le retour de Julietta Suzuki chez les éditions Akata. L’autrice de Divine Nanami nous revient avec une nouvelle romcom mêlant fantastique et humour dans le Japon moderne. Dans À crocs à toi, elle joue la carte de la vampire otaku pour ce qui s’annonce comme une des comédies les plus originales de 2026.

D’abord publié sous la forme d’un one-shot, intégré dans le premier tome en tant que chapitre 0, À crocs à toi est sérialisé depuis 2022 dans le magazine shojo Hana to Yume (dont provient également Two F/aced Tamon, une autre romcom centrée sur une fan hardcore). Le manga, toujours en cours avec neuf tomes, suit Hina, une jeune vampire récemment convertie en otaku au point de déménager au Japon pour profiter pleinement de cette nouvelle passion. Et d’y rencontrer Amanatsu, son voisin, qui s’avère aussi être le portrait craché de son perso préféré.

Malgré la réticence de ce dernier, l’alchimie prend rapidement pour ce duo, bien porté par la personnalité de passionnée obsessionnelle doublée d’une grande crédulité qui caractérise Hina. Rien que son idée d’aller vivre au Japon dans le seul but d’être la mieux placée pour vivre sa passion au maximum pose bien le personnage. Cet aspect sert aussi l’humour du manga, surtout par le point de vue d’Amanatsu qui ne comprend vraiment pas grand-chose à ce qui l’obsède autant dans ces otakeries.

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OSHI NI AMAGAMI © Julietta Suzuki 2023 / HAKUSENSHA Inc.

La série a beau en rire, elle témoigne d’une certaine bienveillance envers Hina et sa fibre (très) passionnée. Elle reste représentée de manière positive, ce qui fait plutôt plaisir à propos d’un public féminin dont l’intérêt pour le manga reste encore souvent stigmatisé au sein des communautés concernées. Plus largement, le manga invite aussi bien à chérir ce que l’on aime qu’à respecter les passions des autres. Le message reste simple, mais suffisant pour apporter un peu de profondeur à ce premier tome.

De fait, l’humour du manga fonctionne déjà très bien et joue autant sur le côté fangirl de Hina que la dimension fantastique du récit. Le dynamisme apporté par le découpage transmet efficacement cette grande énergie, couplée au trait fin et expressif de l’autrice. Elle maitrise également le rythme de son récit qui alterne entre frénésies de gags et moments plus posés. C’est visuellement très agréable à lire, un plaisir en partie entaché par la reliure très resserrée du format de son édition papier.

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OSHI NI AMAGAMI © Julietta Suzuki 2023 / HAKUSENSHA Inc.

La présence de fantastique, si elle contribue à la comédie, permet aussi d’étoffer son histoire avec quelques éléments qui pourront être développés plus tard. Pour l’instant, cela contribue surtout à apporter un peu de piquant au scénario tout en permettant à Hina d’avoir ses moments badass, un contraste amusant avec l’otaku mielleuse qu’elle est habituellement. Surtout, Julietta Suzuki parvient à intégrer naturellement cet aspect à un contexte de Japon actuel et de vie universitaire.

C’est avec une solide base que se lance cette nouvelle série de l’autrice, donc. Agréable à l’œil, drôle et déjà bien attachant, tout donne envie d’en découvrir davantage dans les prochains volumes. Julietta Suzuki développe un mélange des genres attrayant et maîtrisé, une véritable valeur sûre dans les comédies romantiques de ce début d’année. La suite va rapidement arriver, dès ce début d’avril, puis en juin, selon le planning de l’éditeur.

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OSHI NI AMAGAMI © Julietta Suzuki 2023 / HAKUSENSHA Inc.

Léonard Fougère est rédacteur freelance chez IGN France. Corrompu par Love Live, il adore aussi les iyashikei et autres weeberies du genre qu’il partage allègrement sur Bluesky.

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