Get Jiro! - Critique

La petite pépite animée de la rentrée.

Si vous aimez la violence comme vos sushis, crue, préparez-vous pour Get Jiro, une série animée acérée à laquelle nous n'avons pas grand-chose à reprocher.

Le 4 octobre sur HBO Max débarque une drôle de série animée, Get Jiro. Drôle parce qu’elle a un fort relent d’Archer côté visuel et d’Invincible niveau animation. Pas banale aussi parce qu’elle porte la patte d’un ancien chef franco-américain, Anthony Bourdain. Ce dernier, disparu en 2018, était un cuisinier reconnu aux États-Unis et une célébrité au pays de l’Oncle Sam, puisqu’il officiait également en tant qu’animateur TV.

Get Jiro, c’est son bébé, un comics publié chez Vertigo, une des branches de DC Comics, avec le romancier Joel Rose à ses côtés. C’est désormais une série d’animation en 10 épisodes, produite par DC Studios, que nous avons eu le loisir de visionner en amont de sa diffusion officielle, au rythme hebdomadaire d’un épisode par semaine.

Un monde dans lequel la nourriture dicte tout

Que raconte donc Get Jiro ? La série se repose sur de nombreux rebondissements, twists et surprises et l’idée ici est de les conserver intacts, notamment pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de cette œuvre avant de lire cet article, de quelque façon que ce soit. Dans l'univers de Get Jiro, nous sommes dans une réalité futuriste, dans laquelle la nourriture est un vecteur de pouvoir et de classe sociale.

Les grands chefs se livrent une véritable guerre des gangs pour avoir le monopole des ressources et du marché de la nourriture. Les grandes tables sont tellement demandées qu’il faut parfois attendre un ou deux ans pour pouvoir s’y rendre et les petits restaurants sont écrasés ou lynchés par les plus puissants.

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Les ingrédients de la violence

C’est dans cette réalité qu’on fait la connaissance de Jiro, un jeune chef spécialisé dans les sushis. À peine ouvert et installé, ce dernier se retrouve mêlé à une drôle d’affaire : il décapite la tête d’un de ses clients, qui a eu l’impolitesse, malgré ses avertissements, de tremper un de ses sushis, dans de la sauce soja. Évidemment ledit client n’est pas n’importe qui, mais un homme de main d’un des plus gros chefs de la ville, Bob. Sans le savoir, Jiro va déclencher une véritable guerre dans les rues de Los Angeles. À moins que cet acte totalement gratuit avait un but précis derrière…

En 10 épisodes, la série enchaîne tout ce qu’on attend d’un bon produit. Un contexte bien maîtrisé, autour des lobbys de food que l’on connaît déjà comme le bio, le véganisme… mais Get Jiro se démarque très vite pour sa violence. La référence à Invincible n’est pas plus gratuite que le coup de couteau aiguisé de Jiro. Dans la série, les intestins éclatent, les yeux sortent des orbites, les bras et les jambes explosent et volent.

Verdict

Get Jiro nous dépeint un univers de violence dans lequel notre mystérieux cuistot doit naviguer. Les dialogues sont percutants, les personnages sont suffisamment bien écrits pour qu’on s’accroche à leur propos et, petite cerise sur le gâteau, certains épisodes, dont un dans une prison (chut) alternent suffisamment d’idées au niveau des plans et de la technique utilisée pour donner une valeur ajoutée au produit. Finalement, deux choses empêchent Get Jiro de toucher l’excellence. Premièrement, son parti pris visuel. On peut adhérer ou non. Et dans le deuxième cas, ce serait dommage, car vous passeriez à côté de quelque chose, vraiment. Mais le style Archer, appelons-le comme ça, peut diviser. Notamment dans la représentation de la nourriture, réaliste oui (on reconnaît les plats) mais pas assez travaillée selon nous pour donner envie de passer à table (ou alors juste un petit peu). Un peu dommage pour une série autant centrée sur la nourriture et la puissance d’un bon plat. On peut aussi déplorer un aspect, un peu survolé parfois dans la série : l’impact de la nourriture, justement. On ressent bien la puissance des lobbys mais finalement, hormis quelques moments, la série se concentre plus sur l’odyssée de Jiro, les rivalités des chefs, la mafia que constitue le joug de ces derniers plutôt que le quotidien de la population. Mais peut-être qu’on chipote, après tout.

Dans cet article

Get Jiro, la petite pépite animée de la rentrée

9
Excellent
Get Jiro est une petite pépite, qu’il faut consommer sans modération. Le rythme choisi pour sa diffusion est parfait pour ménager le suspense distillé ici et là par son intrigue, qui tranche et découpe dans le vif et n’épargne pas grand monde finalement.
Get Jiro!
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