Avatar : de Feu et de Cendres - Critique

Cette fois, James Cameron s’est trompé.

Après le peuple de la terre et de l’eau, place à celui du feu. Enfin, le mot peuple est ici un peu galvaudé puisque, plus qu’une nouvelle région à explorer de Pandora, c’est en réalité une tribu de pilleurs qui se retrouve au centre de l’intrigue d’Avatar 3 : de Feu et de Cendres. Première petite déception… d’une longue liste à venir, étalée sur les 3h17 de ce nouveau long-métrage.

Avatar revient ce mercredi au cinéma avec son troisième volet, De Feu et de Cendres, deux ans après les événements du deuxième film. Retour à Pandora donc, pour ce qui est la fin de la première histoire de la saga et un premier segment de l'œuvre d’une vie de son réalisateur, James Cameron.

Une fois de plus, la famille Sully, composée, développée et révélée dans le précédent volet, est au cœur de l’histoire. Les membres sont encore secoués par la perte du fils aîné Lo’oak, notamment Netyiri, qui contrairement à son mari Jake, taiseux, laisse lentement mais sûrement la haine prendre le pas sur ses décisions. Son attitude et sa relation de plus en plus méfiante et distanciée avec Spider. Vu le choix de ce dernier dans La Voie de l’Eau, on pouvait se douter que sa relation avec son grand méchant de père, Quaritch, serait, elle aussi, au centre de ce troisième volet.

En quelques mots, De Feu et de Cendres reprend sur les braises toutes chaudes - elle était facile et trop tentante celle-là - de l’épilogue du deuxième, avec la thématique du deuil, celui de la vengeance et toujours en toile de fond, le discours écologique de James Cameron sur le monde, les hommes, la nature et leur détermination à en faire n’importe quoi à n’importe quel prix.

Comme un air de déjà-vu mais en mode boucle infini

Quaritch toujours vivant, le mano a mano entre Jake et son ancien supérieur hiérarchique au sein de l’armée peut reprendre. En soi, que ces éléments là soient attendus et présents au scénario ne sont pas si problématiques. Ce qui l’est, c’est l’impression une nouvelle fois de redite, la propension du film à répéter des schémas déjà vus et revus dans les deux films d’avant… mais cette fois à plusieurs reprises dans le même long-métrage.

On ne va pas vous spoiler le film, mais nos héros vont tomber dans des pièges ou être victimes de rebondissements plus gros qu’eux et surtout trop gros pour ne pas être vus, compris et anticipés à des kilomètres, s’en sortir, pour se retrouver dans la même situation quelques dizaines de minutes plus tard.

C’est simple, scénaristiquement parlant, Avatar 3 fait faire un bond en arrière à la saga. Là où le deuxième film mettait en place des éléments propices à, enfin, faire décoller le schmilblick, De Feu et de Cendres peine à les développer. Par fainéantise ? Manque de conviction ? Spider est un des personnages centraux de ce film mais rien n’est fait pour qu’on s’attache vraiment à lui. Il est important parce que l’histoire l’exige. Et le twist le concernant et qui aurait dû être exploité plus intensément, au vu des enjeux qu’il délivre par la suite, ne l’est pas. Est-ce que James Cameron va garder cet élément sous le manteau et mieux le ressortir dans le futur, comme cela avait été le cas avec le clonage de Quaritch et sa vraie-fausse mort ? A voir. Mais il est vraiment curieux de développer une thématique un temps et de l’abandonner aussi sec. Idem pour les relations entre les personnages.

Hormis celle du couple phare d’Avatar - Neytiri et Jake - et celles de leurs enfants - et encore - , le reste de l’exercice est en soi soit bâclé soit juste raté. On a une scène en tête : celle d’un revirement de situation, de mindset de la part de Neytiri, d’une décision forte à prendre de Jake, qui ne va pas au bout de son geste… pour que sa femme intervienne quelques secondes après pour l’en dissuader. Si l’ancien Marine n’allait pas commettre l'irréparable, comme c’est le cas d’ailleurs, à quoi bon s’attarder cinq minutes sur le retournement de veste de sa femme ? Là encore, c’est curieux.

La plastique ne suffit plus

Bref, Avatar 3 tourne en rond, ne fait pas vraiment avancer les choses, au détour d’une information certes majeure tout de même, mais valait-elle 3h17 de redite pour être introduite ? On vous laissera juger. La saga de Cameron, toujours aussi magnifique, toujours portée par un univers incroyable, des musiques somptueuses, une technique toujours inégalée et un imaginaire à couper le souffle, devait franchir un cap sur le plan narratif avec ce film, au vu de son ton plus sombre, et des questions soulevées dans le dernier.

Il devait un peu moins se reposer sur ses lauriers visuels et sa plastique et enfin proposer un scénario plus étoffé. Ce n’est pas le cas et on en est sorti déçu, perplexe pour la suite de la saga et au final limite surpris par un tel retour en arrière. Pourtant, on ne peut retirer à ce troisième volet une capacité à être épique par moments - c’est même tout le paradoxe - et à nous impressionner de nouveau sur le plan technique. Le film a droit à son “Endgame” et c’est probablement l’une des plus grandes scènes, tous films confondues, de la saga, et ce, sur tous les plans.

Verdict

Chaque plan de combat dans Avatar : de Feu et de Cendres est spectaculaire, marquant, avec en mention spéciale le retour (là encore attendu et éculé très vite au niveau de l’histoire, à force de le citer) d’un allié prépondérant pour Jake et sa famille. Les enfants apprécieront et, au vu de sa fenêtre de sortie, le public devrait être au rendez-vous. Mais il faudra faire mieux, vraiment mieux pour relancer la saga avec les deux derniers volets. Après trois films, le propos d’Avatar ronronne, se perd en redite, rejoue sans cesse et sans se cacher les mêmes situations et réussit même à ne pas développer ces meilleurs enjeux. Pour la suite ? Probablement. Vu leur timing de sortie, Cameron a largement le temps de revoir et d’améliorer sa copie. Mais finalement, est-ce que ce n’est pas ce qu’on se dit depuis deux films désormais ?

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Avatar : de Feu et de Cendres

Lightstorm Entertainment

Avec Avatar : De Feu et de Cendres, James Cameron s’est trompé

6
Correct
Avatar 3 : De Feu et de Cendres est encore une nouvelle fois une prouesse technique et visuelle de la part de James Cameron. Mais aussi une démonstration de son manque d’identité au niveau du scénario.
Avatar : de Feu et de Cendres
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